trois dimensions

Ce Changement de Cap gagne aujourd’hui en vitesse grâce aux choix d’innombrables personnes et collectivités. Ce phénomène se traduit simultanément dans trois dimensions ou domaines interdépendants.

 

« Je me sens renforcée dans mon intuition que ma peine pour le monde est avant tout une invitation à être moi-même, à incarner chaque jour davantage ce qui pourrait permettre à l’humanité de passer d’une logique de peurs, de luttes, de souffrances, à une logique d’ouverture du cœur, de bienveillance et d’abondance pour tous. »

Marine – participante 2011

 

 

1.    Les actions de résistances pour la défense de la vie sur Terre

 

Ces activités représentent la dimension la plus visible du Changement de Cap. Elles incluent tout le travail politique, législatif et judiciaire nécessaire au ralentissement de la destruction, tout comme les actions directes : blocus, boycotts, désobéissance civile et autres formes de refus et de manifestation.

Couvrant une grande variété de démarches, de telles actions comprennent par exemple :

  • Faire campagne pour des lois qui visent à réduire les effets de la pollution, de la pauvreté, de la perte d’habitat.
  • Promouvoir des réglementations appropriées afin d’améliorer la législation environnementale et sociale et leur juste application via un contrôle citoyen des gouvernements et des entreprises.
  • Mener des actions de lobbying contre les accords de commerce international qui mettent les écosystèmes en danger et dégradent la justice sociale et économique.
  • Attirer l’attention sur les pratiques illégales et no éthiques des entreprises.
  • Fournir un soutien aux plus pauvres, aux sans-papiers

Cette première dimension du Changement de Cap est épuisante. C’est un travail héroïque, en prise directe sur les crises incessantes, la recherche de financements, les batailles perdues et la violence croissante à l’égard des militants. Un tel travail fait gagner du temps. Il sert à sauver des vies et des écosystèmes, des espèces et des cultures, ainsi qu’une partie du patrimoine génétique pour la société durable à venir. Mais il est insuffisant pour faire émerger  cette société.
 

2.    Création d’alternatives structurelles

Pour nous libérer nous et la planète des dommages infligés par la Société de croissance industrielle, nous devons comprendre sa dynamique. A mesure que les citoyens découvrent des éléments de réponse au travers des nombreuses discussions, conférences, projections de films à ce sujet, nous pouvons démystifier le fonctionnement de l‘économie globale. Nous pouvons aussi voir la fragilité de ce système dont la survie est conditionnée par notre participation. Outre l’analyse des causes structurelles de la crise globale, nous créons aussi des alternatives. Ces deux efforts vont de pair. Dans d’innombrables localités, comme des pousses vertes traversant la rocaille, de nouveaux dispositifs sociaux et économiques apparaissent.  Sans attendre que nos politiciens locaux ou nationaux nous rattrapent, nous nous unissons et nous décidons d’agir dans nos communautés.

Par exemple :

  • Des groupes d’études et de débats pour montrer le fonctionnement de l’économie mondialisée.
  • Des services communautaires de médiation et de résolution des conflits
  • Des organisations de vie en commun comme les habitats groupés et les éco-villages
  • D’innombrables nouvelles initiatives en éducation, remplaçant le modèle rigide de l’école créée pour servir l’industrie.
  • Des initiatives locales de création de jardins communautaires, de coopératives de consommateurs et de producteurs, des réseaux d’échanges de savoirs et de services.
     

3.    Changement de conscience

Ces institutions naissantes ne peuvent s’ancrer et survivre sans des valeurs profondément enracinées pour les soutenir. Elles nécessitent un profond changement de notre perception de la réalité, et ce changement est en train de s’effectuer maintenant, tant comme une révolution cognitive que comme un éveil spirituel. Les révélations et les expériences qui nous permettent d’effectuer ce changement se manifestent sous divers aspects. Elles sont à la convergence de trois courants : notre anxiété pour notre planète, les découvertes scientifiques et les enseignements ancestraux. Nous nous réveillons à ce que nous savions jadis : nous sommes des êtres vivants sur une terre vivante, source de tout ce que nous sommes et que nous ouvrons accomplir. En dépit de notre conditionnement issu de deux sicles de société industrielle, nous voulons retrouver l’aspect sacré du monde. La réorganisation de nos perceptions et de nos regards sur le monde, nous offre des objectifs plus nobles et des plaisirs plus profonds, elle nous libère des nos illusions à propos de ce que nous devons posséder et de notre place dans l’ordre des choses.

Les ingrédients de ce réveil sont multiples et incluent :

  • La théorie générale des systèmes vivants, dévoilant la nature auto-organisatrice de la réalité.
  • La théorie de Gaïa, qui présente notre planète comme un système vivant et notre corps plus vaste.
  • Le bouddhisme engagé et les courants similaires des autres traditions (hindoue, hassidique, soufie, taoïste, etc.) qui reviennent à présent avec leurs enseignements sur le respect de la terre et de l’inter-existence de toute forme de vie, comme fondements de la pratique spirituelle et de l’action sociale.
  • La résurgence des traditions chamaniques reconnaissant notre identité avec la terre et les autres espèces.
  • Le mouvement de simplicité volontaire qui libère les personnes d’habitudes de consommation dissociées de leurs besoins.
  • L’éco-féminisme, qui unit spiritualité féminine et critique politique. Il nous réinstalle dans le monde naturel, et nous permet de redessiner la réalité et le soi dans des termes radicalement relationnels.